La mystérieuse épave du DC-3

Rédigé par Sandrine Publié le 13/11/2016
Intérêt
Accès
Difficulté
8 km Aller/Retour
2h00

Quelque part sur l'immense plage de sable noir de Sólheimasandur, à juste 500 mètres de l'océan, se trouve un étrange appareil. Il semble juste posé sur le sable, seul et abandonné depuis des années, à la merci des intempéries et des éléments qui se déchaînent en Islande.

La scène où il repose lui confère une sinistre atmosphère, surtout les jours de ciel menaçant. Un décor digne d'un film post-apocalyptique!

L'épave du C-117 semble tout droit sortie d'un film post-apocalyptique

Une épave d'avion qui fascine

L'épave, appelée communément DC-3 est plus exactement un C-117, une version militarisée du DC-3. L'avion appartenait à l'armée américaine, l'US Navy. Aujourd'hui, il n'en reste principalement que le fuselage, les principales autres pièces ayant été récupérées par l'US Navy suite à l'accident, en 1973. Quelques fils électriques pendouillent encore étrangement. L'intérieur de l'avion est vide et il est possible d'y entrer. La carlingue, criblée de balles lors d'une séance de tir improvisée par un fermier voisin, se décolore et rouille peu à peu.

Epave du DC-3 Islande

Epave du DC-3 Islande

Pendant des années, l'épave est restée seule sur la plage, oubliée de tous. Mais depuis peu, la photo du DC-3 a commencé a être médiatisée et de nombreux curieux sont venus la photographier. Le problème est que l'épave est située à 4 km de la route, dans une zone très dangereuse, soumise à de fortes et nombreuses intempéries. La plage où elle repose est immense, et en cas de mauvaise météo, l'on a vite fait de se perdre.

Une épave dangereuse...

En raison de nombreux accidents de touristes, les équipes de secours islandaises ont donc décidé d'empêcher l'accès au site afin d'éviter d'autres accidents. En 2016, l'accès a été fermé aux véhicules et des barrières ont été installées pour empêcher que les voitures puissent atteindre le site et se perdre sur la plage.

Mais cette précaution ne décourage pas les touristes qui viennent en nombre photographier l'épave. Néanmoins, nous comprenons cette avide curiosité, étant nous même plus que motivés pour atteindre la carcasse lors de notre passage.

Surtout ne tentez pas l'aventure sans être certains de votre capacité à parcourir les 8 km aller/retour, et surtout assurez-vous que les conditions météos ne risquent pas de se dégrader.

... et bien trop populaire

En juillet 2016, nous avons été frappé par le nombre de voitures garées au bord de la route 1. Plus d'une cinquantaine! Il y en avait tellement que nous avons renoncé, lors de notre premier passage, à nous rendre sur le site. Quel intérêt de venir s'amasser autour d'une carcasse sans être en mesure de faire une photo sans un autre touriste dessus?

Nous sommes repassés plus tard, sur les coups de 19h. Cette fois, il y avait beaucoup moins de véhicules stationnés sur le bord. Nous tentons notre chance.

Comment rejoindre la carcasse du DC3

L'interminable marche à pied

N'ayant pas été prévenus de la fermeture de l'accès, nous suivons les traces à pied sans nous douter de la distance qui nous sépare de l'avion.

Epave du DC-3 IslandeLa piste est une longue ligne droite de 4 km. Le paysage est immense, plat, noir, désertique. Il n'y a pas de végétation, juste du sable et quelques petits rochers.

Après 20 minutes, toujours pas le moindre signe d'une épave alors que le paysage est plat. On se retourne. Les voitures semblent déjà bien loin. Nous décidons d'accélérer le pas. Les minutes passent et semblent interminables. Le paysage ne change pas et nous continuons de marcher sans avoir l'impression d'avancer.

A chaque fois que l'on se retourne, les voitures sont de plus en plus petites. Bientôt, on ne les aperçoit plus. Il commence à faire froid, et toujours pas de signe de l'avion. Autour de nous, il n'y a rien. Juste du sable et quelques personnes à plusieurs centaines de mètres devant et derrière nous, qui comme nous doivent aussi se questionner. Sommes-nous bien dans la bonne direction? Au bout de 45 minutes en marchant à un vive allure, la piste tourne et nous apercevons enfin le sommet de l'avion qui ne se découvre finalement qu'au tout dernier moment.

Epave du DC-3 Islande

Epave du DC-3 Islande

Une carlingue maltraitée

Enfin nous y sommes! Après cette longue marche il nous tarde de découvrir enfin l'avion. Effectivement, le site tient toutes ses promesses. L'avion trône fièrement bien que largement dépouillé. En scrutant l'intérieur on voit clairement le cockpit, les fils électriques, les circuits hydrauliques. Mais l'état de l'avion est très dégradé.

Epave du DC-3 Islande

Fils électrique, Epave du DC-3 Islande

Depuis qu'il est si célèbre, chaque jour, des dizaines voir des centaines de personnes viennent lui rendre visite. Les touristes montent sur les ailes, entrent dans l'avion, sautent sur la carlingue sans se soucier des dégradations causées sur l'appareil. D'autres gravent des inscriptions sur la carlingue ou emportent des petits bouts de métal en guise de souvenir.

Lors de notre venue, une famille américaine avait même décidé d'élire domicile pendant plus de 30 minutes sur l'avion, sans aucune considération pour les autres personnes présentes. Un peu lassés, nous sommes allés les voir leur demandant de descendre de l'appareil le temps de nous laisser au moins faire une photo sans eux! Aussitôt fait, ils sont remontés sur l'avion.

Epave du DC-3 Islande

Notre avis

Au final, après avoir réalisés de beaux clichés de l'appareil, nous sommes repartis, un peu déçus finalement d'avoir marché autant de temps pour juste quelques images et une bonne dose d'irrespect. Malgré le décor fantastique, le temps et l'énergie consacrés semblent disproportionnés comparé à ce que l'Islande peut offrir.

Heureusement, comme nous avions un forfait téléphonique "europe", nous avons pu profiter du long trajet retour pour appeler la famille et donner des nouvelles sur notre beau voyage. N'oubliez pas qu'il faut compter au moins 2 heures aller/retour et 8 km de marche (plat).

Concernant notre notation, l'endroit étant tout de même insolite nous lui attribuons 3 étoiles. Ca n'est pas tous les jours que nous avons l'occasion de découvrir une épave d'avion, et puis le décor avec l'Eyafallajökull au fond reste superbe!

Nos conseils

Soyez prudents

Lorsque nous étions sur place, nous n'étions pas conscients du danger que représente cette épave. Elle est vraiment loin et en 2 heures, la météo peut radicalement changer en Islande. Une journée ensoleillée peut en quelques minutes se transformer en véritable déluge, voir en tempête.

En cas de vent, dans un désert de sable, les conditions doivent être terribles, et avec du brouillard, sans aucun repère, nous comprenons maintenant qu'il peut être facile de se perdre.

Soyez donc très vigilants si vous décidez de vous rendre sur les lieux. Vérifiez que la météo ne tournera pas au vinaigre. Il serait dommage de transformer cette balade amusante en cauchemar.

En été, venez tôt le matin ou tard le soir

La fréquentation du lieu est telle, que nous vous conseillons d'éviter les périodes d'affluence si vous souhaitez prendre le temps de photographier l'appareil. A nos dépends nous avons tenté un survol en drone mais qui n'est pas exploitable car il y a toujours quelqu'un sur l'avion.

Venez aux premières lueurs du jour ou tard le soir pour bénéficier d'un peu de solitude et des très belles couleurs du ciel qui confèreront une atmosphère toute particulière.

Pour en savoir plus sur le crash et l'histoire autour de l'épave

Lors de la préparation de cet article, je suis tombée sur un article très bien rédigé et très complet qui donne tous les détails sur la véritable histoire de l'appareil, ce qui s'est passé le jour du crash, l'arrivée des secours et le traitement de l'épave... D'ailleurs je me suis aussi rendu compte que certaines infos que j'avais en ma possession n'était pas justes. Donc je ne peux que vous conseiller d'aller lire ce très bel article qui vous mettra également en garde contre les dangers du secteur, à ne vraiment pas prendre à la légère.

Le mystère du cimetière d'avions islandais enfin révélé au grand jour - Par ELIOT STEIN

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