Les pièges des croisières aux baleines

Rédigé par Sandrine Publié le 20/06/2016

Je vous fais part de l’expérience que nous avons vécue lors de notre séjour en Gaspésie en septembre 2013.

Initialement, nous devions faire une excursion en zodiaque à Tadoussac pour voir les mammifères marins. Hélas, la tempête s’est levée le matin même et a rendu impossible la sortie en mer. Du coup nous nous sommes rabattus un peu plus tard, à Percé, sur la pointe ouest de la Gaspésie, afin d’avoir une nouvelle chance de voir les baleines.

Cette fois, il n’y a que 2 compagnies qui proposent des croisières à bord de petits bateaux. La période n'est pas la plus propice à l'observation des baleines, alors nous demandons conseils afin d'être sûrs de ne pas perdre notre temps. Toutes deux nous assurent de voir les mammifères marins au cours d’une croisière de 2 heures 30 au large. Dans le cas contraire, nous serons remboursés. Ce deal à l’air alléchant mais qu’en est-il réellement ?

Nous choisissons de partir avec la compagnie Julien Cloutier. Le bateau part à l’heure. Le temps est brumeux mais la visibilité est bonne et la mer calme. Nous sommes 28 passagers. Le bateau semble plein, bien qu’il peut pourtant transporter jusqu'à 50 passagers.

On est déjà presque serrés sur les bancs alors nous n’osons pas imaginer dans quelles conditions se déroulent les croisières lorsqu’il y a de l’affluence !

Le bateau part au large. A ce moment, nous sommes tous très motivés. On s’agrippe aux bords du bateau armés de nos objectifs pour saisir les moments tant attendus. On scrute l’horizon mais rien en vue. Le naturaliste nous indique qu’un groupe de rorquals a été aperçu la veille et qu’ils ne devraient pas être très loin. Mais le temps passe et toujours rien.

L’enthousiasme commence à retomber. Tous les passagers regagnent peu à peu les bancs au centre, car il commence à faire froid. Au bout d'1 heure 30, toujours rien.

Mais le capitaine décide de poursuivre au loin, persuadé d’y trouver les fameux rorquals. 30 minutes plus tard, nous sommes maintenant très loin des côtes. Cela fait 2 heures que nous avons quitté la terre. Le bateau tourne en rond à la recherche d’un mouvement d’eau. Le capitaine est sans cesse au téléphone pour tenter de trouver quelque chose. Le naturaliste essaie de détourner notre attention en nous indiquant les oiseaux qui passent au-dessus du bateau. Le froid nous engourdis de plus en plus, sans parler de la houle qui nous ballotte sans cesse.

Puis finalement le capitaine s’écrit « Là, un rorqual! ». On se précipite tous au bord du bateau pour tenter de voir le fameux rorqual. On cherche mais rien. Le capitaine insiste : « Là, regardez, on voit le bout de son aileron ». On cherche des yeux le fameux aileron que l’on arrive à apercevoir au loin. Quand je dis au loin, c'est à peine visible à l’œil nu... Aussitôt, le petit bout d’aileron replonge dans l’eau, et plus rien.

Nous restons alors stationnés sur place, en attendant que le petit rorqual daigne se remontrer, histoire de justifier les 50 $CAD payés, mais en vain. (Petite parenthèse car je viens de constater que les tarifs sont passés de 50 à 80$ CAD!!!, soit 60% d'augmentation sur 3 ans...) Pour en revenir au bateau, depuis que nous sommes à l'arrêt, il tangue horriblement. Plusieurs personnes commencent être malades et à vomir par dessus bord.

Au bout d'affreuses longues minutes, le capitaine propose de nous ramener à terre. Déjà plus de 2h30 passés sur l’eau alors que la croisière devait déjà être achevée. Il nous faut rejoindre le port qui semble tout petit à l’horizon.

Le bateau file alors à toute allure vers la côte. A bord, tout le monde est énervé à cause de cette prolongation qui nous a semblé inutile, même si cela partait surement d'un bon sentiment. Le vent nous glace, et les passagers sont toujours malades. A Bientôt 3 heures que nous sommes partis. Et pour couronner le tout, nous venons de rater notre bateau qui devait nous emmener faire le tour de l’ile Bonaventure afin d'y voir les colonies d’oiseaux, et nous permettre d’y accoster, les billets ayant été achetés le matin à la même compagnie.

Nous sommes plus qu’agacés. Finalement après avoir négocié avec le capitaine, celui-ci accepte de faire un détour pour nous déposer à l’île Bonaventure. Au bout de 3h15 nous arrivons enfin sur l’île, soit 45 minutes après l’horaire d’arrivée initial. Nous sommes congelés et très déçus par cette excursion, qui en plus de nous faire rater le tour de l’île, ne nous a permis de ne voir qu’un petit bout d’un aileron au large.

Après notre visite de l’île nous retournons aux bureaux de l’excursion. Nous y demandons le remboursement de la croisière, car nous estimons ne pas avoir vu les cétacés. Sauf que les responsables ne l’entendent pas de la même manière et considèrent que les conditions du contrat ont été honorées. En effet, nous avons aperçu le dos d'un rorqual, donc nous avons bien vu au moins un mammifère marin!

On est furieux, mais les gérants ne veulent rien savoir. A minima nous demandons alors le remboursement du tour de l’île que nous n’avons pas pu faire à cause du retard. Là aussi on nous indique que l’extrême gentillesse du capitaine nous a tout de même permis d’y accoster alors qu’il n’aurait pas dû nous y déposer. C’est le pompon. Nous refusons de quitter les lieux sans avoir un dédommagement.

Finalement, au terme d’une discussion houleuse, nous arrivons à obtenir le remboursement du tour de l’île que nous n'avons pas fait. Nous n’obtiendrons aucune autre compensation.

Morale : Ne vous méprenez pas lorsqu’une compagnie de bateau indique vous rembourser si vous ne voyez rien. Sachez qu’ils trouveront toujours un moyen pour prouver que vous avez bien vu quelque chose, aussi insignifiant soit-il. Je ne peux donc que vous conseiller de bien choisir votre compagnie d’excursion, afin de vous éviter les tracas que nous avons connus.

Et surtout gardez en tête qu'il est possible que vous ne voyiez rien d'intéressant lors de votre excursion!

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